3 Pucelles: Petit Didier, traversée, nostalgie, et introspection

Cela faisait un sacré bail que je n'avais pas apprécié les joies d'une balade verticale aux 3 Pucelles, aiguilles emblématiques du bassin Grenoblois, perchées à St Nizier, sur le plateau du Vercors. 

J'ai certes de nombreuses fois encadré des traversées d'arêtes sur ce mini-massif de caractère, mais je ne me suis attaqué à aucune voie historique, mis à part le couloir Grange et sa fameuse fissure Sandwich. De difficulté modeste, le style ultra old school est à même de dresser bien du grimpeur de résine qui ne se méfierait pas suffisamment des cotations "en chiffres romains"..

J'avais donc parcouru ce célèbre "couloir Grange" et sa vorace fissure sommitale dite "Sandwich" voici 17 ans. L'entreprise était à l'époque tout proche de mon niveau max, et je m'étais engagé à vue avec pour seul matériel une paire de chaussons et un sac à magnésie... Un style très pur, trop probablement. Accompagné d'une amie curieuse montée au sommet par le sentier écologique, j'avais donné des instructions glauques: "si je ne suis pas là haut dans 2h, appelle les secours". Super la promenade détente !

Une belle connerie de jeunesse, mais, abreuvé des saines écritures de Saint Lionel (Terray), je souhaitais me frotter à cette renfougne malcommode qui avait donné tant de fil à retordre à l'auteur des "Conquérants de l'inutile", qui allait devenir l'un des plus grands alpinistes français du XXème siècle. Le premier qui ose une comparaison avec le surmédiatisé jogger catalan prend une claque, je préviens. 

Bref, un moment fort de mes années d'étudiant que ces 180m de solo intégral alors que j'étais quasi débutant. "Ce qui ne tue pas rend plus fort", jamais cet adage ne m'avait paru plus adapté au sommet. J'avais eu de la chance ce 22 juin 2000, en évitant le grand saut après avoir cassé une prise de pied haut dans la voie, et ce fut l'occasion d'apprendre à beaucoup mieux me connaître. 

L'eau a depuis coulé sous les ponts, je sais désormais bien mieux grimper et ne me sépare jamais d'un compagnon et d'une belle Volta 9.0mm pour être sûr de rentrer le soir... Nathalie conclue donc son stage d'une semaine dans la région par une découverte des 3 Pucelles, en gravissant une voie que nous découvrons ensemble: la Petit Didier...

La Dent Gérard dont le bas est plongé dans l'ombre du couteau. Impressionnant !
Remontée du couloir Maréchal à la fraîche, malgré les +30°C dans la cuvette !
L'approche touche à sa fin avec le passage de la "boîte aux lettres" 
Monstre classe ce caillou !


Nathalie s'échauffe dans L1, du beau 5 sur un calcaire gris à trous, superbe !
Arrivée tout sourire au relais
L2, très belle et assez courte longueur. 6b+ assez discount, certains 6a de "la Roche", site école du coin, sont plus durs ! Mais quel gaz !
Nath se concentre dans la fine traversée finale et enchaîne sans coup férir, bravo !
La suite remonte une rampe facile en rocher impeccable
Une fois sur l'arête, coup d'oeil versant NW: ça rigole beaucoup moins, surtout avec le vent !

Sommet de la Dent Gérard
Nath profite de la vue incroyable du coin
Votre serviteur insiste avec ses Dufour et s'est pendu plein gaz à 100m sol: on sait que ça tient quand c'est bien fait mais on ne peut s'empêcher de serrer les miches !
A la brèche Thorant

L'art de monter une tyro avec deux monsquetons (et un Tibloc, j'avoue)
L'hyper classique, pour une première visite, je me devais de faire découvrir ça à Nath
Du coup, je m'y promène également !
Un magnifique terrain de jeu !

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