La poutre dans l'oeil...

On se souvient il n'y a pas si longtemps de saisons hivernales avec 3 ou 4 maigres épisodes neigeux, entrecoupés d'interminables anticyclones... le réchauffement climatique, tout çaaaa. On allait tous mourir, les océans allaient monter, des pays seraient engloutis, l'Afrique Sub-Saharienne crèverait de faim, la guerre serait partout sur la planète... sombres perspectives, heureusement pas encore toutes vérifiées. Seule l'Afrique tient pour le moment ses promesses...

Par une sainte bénédiction divine, tout ceci est oublié, grâce à la fabuleuse grippe chinoise ! Statistiquement parlant, il s'agit d'un mauvais rhume embarquant dans son cortège funèbre d'incurables bouffeurs de Snickers, des camarades de classe de Ramsès 2, et autres comorbides parfois obscurantistes. Mention spéciale aux cumulards cochant plusieurs ou toutes ces cases. 

Ne soyons pas sectaires, euh, discriminants, visons l'inclusivité (florilège de mots très Sciences-Po-compatibles pour mon lectorat universitaire), même certains éminents scientifiques se sont fait piéger par la bête immonde. Igor, Grichka, nous vous saluons. 

Bref, cette tirade acidulo/ulcérée pour vous dire que l'on masque les grands problèmes de l'humanité avec d'autres plus insignifiants, que l'on confie à une armée d'énarques qui n'ont pas leur pareil pour foutre le bordel, pondre des protocoles dignes du lancement d'Ariane 5, fourrer des cotons-tiges dans le pif des élèves de primaire à toutes les récrés, et faire paniquer les plus influençables d'entre nous. 

Qu'ils aillent tous se faire mettre. Et je suis poli. Bon, pour la plupart d'entre eux, ça sera un plaisir alors...

Revenons à notre mercure. Le réchauffement est toujours là, et il se manifeste en montagne par des précipitations plus abondantes, et évidemment des températures plus douces. Ce début de saison hivernale me semble en être une assez bonne illustration. 

On a rangé les chaussons vers la mi-décembre, avec pour ma part une petite croix indoor avant de se goinfrer de dinde aux marrons dans mon fief de la Halle Chartreuse. Un 7c très rési dans un gros plafond bien physique. Le vieux sait encore gainer et se battre avec les avant bras pétris de lactates et les abdos qui brûlent, sur le mur qui l'a vu débuter il y a un quart de siècle. Ma madeleine de Proust.

Les skis étaient à cette époque déjà dépoussiérés par quelques premières sorties en fanfare, avec pour attaquer de très conséquentes chutes de neige dans les Préalpes notamment: pratiquement 1m en Chartreuse en 24h fin nov/début décembre, le record de date à date sur les 3 dernières décades. S'en est suivie une période de beau et doux, avant le retour ces jours-ci d'un front froid distribuant une nouvelle resucée de précieux cristaux blancs. 

L'occasion de ressortir principalement les pelles à tarte pour écumer les Alpes Iséroises et Savoyardes.. Jardin Chartrousin, Lauzière, et bien sûr les fameuses 3 Vallées dans lesquelles je sévis comme guide depuis une dizaine d'années. La suite en images, avec de beaux "coups de fusil" et très souvent du super ski compte tenu des conditions variables. Serait-ce la sagesse, l'expérience, ou juste de la chance ? 

Votre serviteur se gave de peuf derrière la maison, bien campé sur ses fameux Navis qu'il aime tant !

Big Ben Reuter dans son jardin Chartrousin, à l'attaque !

Sortie de la belle tenue officielle Lagoped du Bureau de Méribel

Journée "piqure de rappel" sécu neige/avalanche avec les Bureaux de Méribel et Courchevel, super moment de retrouvailles avec les collègues et de partage avec les secouristes du PGHM

L'armée orange va attaquer un exercice de secours en équipe

Montée vers le Glacier du Borgne par une météo exécrable...

Givre à 3100m aux abords du col de Thorens

Après l'épouvantable épisode pluvieux très haut en altitude, le glacier de Chavière, un des seuls endroit en belle neige lissée de tout le domaine !

... bon ok, le fort vent n'aide pas à rester debout !

Des clients négocient le col Pierre Lory à pied, ce dernier ayant été décapé par les tempêtes de vent

Virginie se fait plaisir en direction des lacs Café au Lait, en faisant face à la très belle Pointe Rénod. De quoi bien rentabiliser le premier jour de l'année !

Première journée au ski club avec ma petite fille qui grandit, qu'y a-t-il finalement de plus important que cela ?

Blizzard Belledonnien, ce sourire autosatisfait va bientôt devenir carré, déformé par le froid...

Bonne pioche et ski de poudreuse 4 étoiles au dessus de St François Longchamp, quartier du Sarvatan...

L'inoxydable Nathalie, cliente et amie, se repaît de grands espaces et de neige immaculée après avoir passé du temps dans la crasse parisienne

Soleil et chaleur certes, mais poudre quand même ! Fuck la mi-cuite, on est en janvier bordel !

Méga miam !

Facettes raides et petits couloirs dans le secteur Casserousse à Chamrousse

Ya bonne neige !

L'entrée en neige béton, mais lisse, du couloir (bien-nommé) de la Passerelle au dessus des lacs Robert

Le combo casquette capuche, idéal contre les intempéries! Les "Caillera" sont des visionnaires en fait

Grandes étendues de poudre et mille variantes possibles au Grand Mas, en Sud Lauzière. Monstre bon

Nathalie en pleine démo de conversion au dessus de la riante vallée de la Maurienne... à bientôt !

S'o chjodu l'occhji...

"Si je ferme les yeux"... chantait l'une des plus grandes voix corses de l'Histoire, Petru Guelfucci, décédé il y a deux jours, laissant les Corses et la Corse orphelins d'un ambassadeur immense. Si je ferme les yeux, moi, je revois des milliers de souvenirs de mon village, u Petricaghju, et elles sont souvent associées à des morceaux de Petru ou de Canta u Populu Corsu, le groupe emblématique dont il fut l'une des figures de proue. 

Ce nouveau stage insulaire de ma fidèlissime cliente Nathalie ne fait pas exception à la règle, le son de Guelfucci, mais aussi des Muvrini, de Canta, des Chjami, de l'Arcusgi, et tant d'autres, a bercé mes oreilles le matin et le soir à la maison, avant de me plonger quotidiennement dans le complexe, très articulé, mais sublime massif de Bavella, éternel et puissant. 

 Je dédie ces quelques images commentées à la mémoire de Petru Guelfucci, lui qui a si bien su chanter la beauté "nustrale" et les joies, comme les tristesses, insulaires. Ripos'in santa pace Petru.

De jolies voies, isolées si possible, abordables, mais full trad sont en général le thème des séjours de Naths en Corse. Cette année encore, on a réussi à dénicher de chouettes itinéraires bien dans le thème...Ici un beau 5+/6a bien technique en fissure et aux tafoni fragiles, mais si beaux !
Jammin'... bon là c'est du Bob Marley, c'est tout de suite moins sexy comme zic. Sus aux punks à chiens :)
Nathalie pose pour la postérité en grande compagnie: il y a de la vedette au mètre carré là: l'inamovible Carlos, le flegmatique Antoine, émoussé par une énième saison de canyon, le "crack master" Jeff Andreucci, et la star mondiale Sam Beaugey ! Ne manquent que l'ami Thierry, retenu dans sa famille, et Arnaud Petit pour parachever le tableau !
Enfin des tafoni à gogo, tous plus ou moins solides, à chacun de choisir...
Grosse ambiance dans l'arête de Quenza, par la variante "officielle", celle du topo: je ne l'avais jamais parcourue, mes nombreux parcours précédents, datant de plus d'une décennie il est vrai, passaient plus à gauche dans la face
Fissure malcommode pour Nath, au réta
Belle longueur de dalle et fissure pour les clients d'Arnaud Petit, que l'on devine au relais dans la conque tafonesque du haut
Putain d'ambiance de malade, avec vue sur les Ferriate et la mer...
Il n'y a pas que Renaud qui peut mettre des lounches de porn star, votre serviteur n'est pas en reste :)
Nath dans l'avant dernière longueur
Les rappels efficaces de la Punta di l'Arghjettu
Les couleurs inégalables du massif de Bavella...
Voie Quilici, zéro équipement en place, mais de jolis pièges à friends à et sangles un peu partout
Nath arrive au terme d'une grande longueur
Petit cliché "en direct live"
Les formes sublimes de "A Bandera", à la Punta di l'Anima Dannata
Solitude assurée dans ce quartier, surtout après la fermeture du refuge, qui a lieu le jour même ! On en profite pour alléger les gardiens, en plein bouclage, de saucisson et coppa...
Très belle petite longueur en tafoni et fissure, bref une classique
Fatigué par la saison, par l'été, par l'hiver, bref par l'année. Il va faire bon se mettre les pieds en éventail pour ne pas finir par faire plus vieux que son âge !
"L'âme damnée", superbe petit monolithe
Le versant S du massif de Bavella, ultra sauvage, avec, se détachant nettement, le campanile de Ste Lucie
Jour de couenne, Nath aux prises avec un 6b court mais teigneux...
... Rudy, plus habitué à essorer la poignée droite de ses motos affûtées, se ponce les boudins sur le granit super abrasif du coin... C'est bon ça !
Votre serviteur met une petite moul' dans un joli 6c+ du coin, fissure vorace en bas, plats techniques en haut: un bijou !
Nathalie pose ses pieds dans les couennes en dalle exigeantes du col, un jour d'orage
E teghje lisce, a punta di u Corbu, les emblèmes de Bavella
Le canyon de la Purcaraccia, sublime en cette saison, lorsque le calme est retrouvé
Bartasse dans le maquis pour trouver le départ des voies, toujours un bon moment, surtout quand on ne se perd pas :)
Encore des images et des couleurs inégalables...
Nath pose les petons avec délicatesse mais fermeté dans des dalles "nustrales"
Sommet, un des plus beaux points de vue du coin, je trouve
Vent d'Ouest tempétueux, presque à trois chiffres au col... on se réfugie dans le jardinet d'Arghjavara, bien connu, pour que Nathalie croite la dernière voie qu'elle n'a pas faite. L'ami Sam Beaugey, son pote Martial, et leurs clients, grimpent à côté de nous, sympa !
Couleurs, formes, tout y est... c'est classe
Biceps décontracto-relâché pour un selfie au naturel...
Nath sort d'une petite longueur teigneuse, aux formes magiques
Sam signe un selfie de grande classe... ah c'est sûr que quand c'est pas moi qui tient l'appareil, le sourire bright bien débile n'est pas garanti. Bien joué le Chamoniard, tu m'as bien eu :)