Première peau

Ce n'est pas l'heure de skier, je sais. Mais je cherchais quelqu'un pour grimper et je n'ai trouvé personne. J'aime le monde, discuter, raconter des conneries un café dans mes mains tartinées de magnose, j'avais pas envie de me farcir une séance de poutre à la casa comme un lowlife. Du coup, vu le mauvais stratus et mes pérégrinations webesques, je me suis décidé à sortir les skis de rando de leur estivation (oui comme l'hibernation mais l'été quoi). Objectif: trouver du people pour discutailler en faisant la trace ! Ca ne devait pas être très compliqué, tous les mangeurs de graine ayant rangé leurs skis-roues aux premiers flocons pour sortir les alumettes du placard...

David Z l'avait d'ailleurs bien dit dans un post joliment illustré de photos hivernales: il y avait ce week-end de la bonne neige certes mais "tout Grenoble" dans les massifs. Parfait ! Je vais forcément rencontrer quelqu'un pour tchatcher et quitter cette solitude du lundi qui me pèse à chaque fois...
Et puis, j'ose l'avouer, j'espère secrètement croiser, qui sait, une des "stars" ayant contribué au dernier Montagne Magazines ! Ce serait là l'apothéose de ma carrière de skieur...

Au final, rien, peau de zob... Je suis resté tout seul avec ma ganache planquée sous ma casquette, ma belle neige, mes bons skis, et du grand soleil, pendant que "tout Grenoble" devait croupir sous la crasse nuageuse bien épaisse et s'abîmer les yeux dans un bureau. L'échec total. Merci les copains !

Un jour il faudra que vous m'expliquiez pourquoi vous êtes sortis hier alors qu'il faisait bien mauvais (et qu'il neigeait même) alors qu'aujourd'hui vous auriez bénéficié, comme moi, d'un manteau vierge et d'un soleil libérateur au dessus du plafond d'inversion... Enfin...

Allez, quelques images. Je vous préviens, si vous avez de bons yeux, connaissez les skis de toutes les marques et les couleurs associées aux années de production, il est possible que vous reconnaissiez mes lattes et que vous m'accusiez de "placement de produit". Je m'en excuse par avance très humblement...

Franchement pas dégueu pour une première petite sortie peau cette saison !
Et soudain, on s'extirpe du stratus et on prend 10°C... Welcome to Chartreuse beach ! 
La forêt revêt ses couleurs hivernales, et les arbres ont conservé la neige de la nuit, preuve qu'il a du faire frisquet
Ambiance hivernale, poudre du jour...
Tricotage pravoutesque tout à fait adapté au créneau horaire et météo
Slalom entre les sapins, on se croirait en hiver !
Putain avec la casquette plate à skis on dirait Flo Duboeuf, la classe !
Premières courbes, le genou se comporte bien
"Au dessus, c'est le soleil !" dirait Dieudo. Oui, mais en dessous...

Le goût de la grimpe !

Il avait insidieusement pris ses distances, il s'était échappé de mes lèvres petit à petit. Le goût, l'appétit pour le rocher. La faute à la blessure, principalement. Deux opérations coup sur coup et les inévitables rééducations qui s'y rattachent avaient fini par avoir raison de ma rage de grimper. A quoi bon, j'ai tout le temps mal, je ne progresse plus, je suis limité en amplitude...

Pourtant, je m'étais mis une bonne grosse charge d'entraînement à la poutre l'hiver, 15 semaines à souffrir en silence suspendu à des réglettes en bois, de serrage de dents autant que d'arquées sur cet engin de torture devenu mon meilleur ami... pour rien ! Une nouvelle rupture du ménisque avait anéanti mes espoirs de grosses croix printanières. Au final, je m'étais rabattu sur le pilotage moto pour trouver quelques sensations fortes. 

Heureusement, je vais mieux après un été encore compliqué, grâce notamment à deux infiltrations magiques, des corticoïdes et de l'arthrum ensuite. Me voici revenu à 90-95% de mes capacités sur cette maudite articulation droite. La Corse pour re(ap)prendre à grimper, avec ma fidèle cliente Nathalie, puis l'idée, toujours avec elle car elle est toujours partante et motivée, de découvrir le pays Niçois versant calcaire. 

Quelle découverte, quelle claque, quelle beauté, quelles jolies voies, quel caillou ! Enthousiasme général et partagé ! Le goût de la grimpe m'habite à nouveau, et avec force ! I'm back, je redeviens enfin un grimpeur !

Un grand merci aux locaux, tous prestigieux, tous humbles, et tous d'une grande gentillesse, qui m'ont aidé à préparer ce roc trip et qui l'on rendu si beau. Merci à ceux que j'ai pu croiser dans leur fief, fortuitement ou non; dans le désordre et la non-exhaustivité les plus totaux, Thomas Arfi, Ben Guigonnet, Henri Pyka, Stef Benoist, Hugues Bonnel, Guillaume... A charge de revanche en Corse les amis !

Des gouttes d'eaux magnifiques, de belles longueurs techniques, et même du gaz malgré la faible hauteur: les voies du "Monte Grosse" à Peillon valent plus que le détour, le déplacement !
Gorbio, de jolies voies parfois bien patinées
Le village de Gorbio au crépuscule...
La falaise grandiose de Peillon
Nath en solo intégral dans un beau 8a de Peillon ;)
Un caillou 5 étoiles, tout neuf !
Peillon, encore un village perché typique de l'arrière pays Niçois
"Engouleven", la plus belle voie de France en 5+/6a ?
Votre serviteur hallucine devant un tel rocher
Les lumières automnales, magiques !
Peillon n'est pas une falaise urbaine, en pleine forêt, les couleurs de l'automne nous émerveillent
Une autre belle journée de grimpe s'achève...
Dolce vita à Gréolières, une bonne journée démarre toujours en terrasse...
... avant de prendre une grosse claque esthétique sur la falaise de "Chouchou place": quelle splendeur !
Nathalie s'échauffe dans les petites orgues typiques de la falaise
Cyrille, savoyard rencontré sur place où il grimpe avec son amie Armelle, met un essai dans "Haut les pieds", un beau 7a du quartier
A droite "M'en bati", un 6c+ sur bis et trous signé Stef Benoist, qui ne sera jamais décoté !
Belle table chez l'ami Henri qui nous accueille avec sa famille: sushi time !
Le mercredi, c'est marché à la Turbie. Je m'offre une entorse au jeune intermittent (suivi depuis pas mal d'années maintenant) en me régalant d'une socca fraîche, bien poivrée. Les petits plaisirs de la vie ne sont pas si petits !
Jour de pluie sur Monaco, cité vue depuis la Turbie
Le beau calcaire blanc de la Turbie, site historique et mythique. Si la vue manque, le son est bien présent avec les grues et marteaux-piqueurs de la cité Etat qui nous accompagneront toute la sainte journée !
Spéciale dédicace à mon ami le S, dont la fille Maïa a peut-être brisé le coeur d'un jeune Niçois, va savoir :)
"C'est le bouquet", très beau 6b dans un court mur blanc criblé de trous
Nathalie, c'est le bouquet !
Les éléments se déchaînent, direction Big Ben, la grotte toute proche. A gauche, un grimpeur dans "Arabesque", un 7a court, pêchon, mais esthétique
Guillaume fait le bonheur de son groupe d'enfants avec ce maousse pendule au dessus de la mer !
Au dessus c'est le soleil ! #lamaisonmere #dieudopower
Plein centre Nice, et son bel opéra
Last day, café à St Jeannet avant de commencer
Au dessus du village, le célèbre Baou
Très belle petite proue esthétique au secteur "la Source". A droite dans la coulée jaune, "Ca passe ou ça casse", un exigeant petit 6c sur de beaux trous et lames patinées :)
Nathalie dans la déroutante "Protozoaire", un 6b+ très intéressant et soutenu
Le grand Stef Benoist réussit à allumer un petit feu à l'aide de ses enfants, merci pour les tuyaux et la chaleur l'ami !
#happyclient #happyguide !

... ghjè unica sola è cara !

Suite et fin d'un beau stage granite en Corse pour Nathalie, pèlerinage annuel. Après le départ de Peter et Julia dans le Cortenais, on reste à Bavella pour ne pas perdre du temps en voiture avec la météo un peu aléatoire que l'on a subie... Vent, pluie, quelques orages (dont un mémorable à l'Auberge qui a duré une demi heure avec plusieurs éclairs par seconde dans le lointain), et de belles longueurs entre les gouttes. J'espère que ces quelques images donneront envie à ceux qui ne connaissent pas d'aller user leurs chausssons indè noi...

Sur les traces d'Adrien Boulon, prolifique ouvreur de merveilles ces dernières années... Grimpe à la "Baraka" (bon, les voies abordables du secteur de gauche, entre 6 et 7, pas la fissure trad en 8a ayant donné son nom au secteur ni les horreurs en 9b à côté), au pied de ces très belles coulées colorées que l'on voit sans vraiment les regarder quand on empile les Pulischellu en août...
Le beau pain de sucre où se déroule "Companieru". Tranquillité assurée...
Une grosse heure et demi d'approche et l'orage sur la courge au pied de la voie, damned ! On s'abrite (très moyennement") en attendant que ça se calme. Au bout d'une bonne heure, la voie est à nouveau praticable et il ne pleut plus, feu ! On séchera en cours d'ascension...
Quartier très sauvage que ce massif des Ferriate, grandiose !
Belle voie en 5+/6a toute équipée, sur un caillou parfait, une vraie merveille !
Complètement mythique ce rocher !
Bon il ne pleut plus mais ça souffle à gogo, avec des rafales à 100km/h... on sort les griffes sur les dalles ! 
Non on ne joue pas à la corde à sauter, on essaye de se démerder avec un zef à décorner les boeufs...
Beau rappel de 30m (40 pour être tranquille, 30 en optimisant au max) pour Nathalie, et toujours l'Escaper pour voyager léger ! En moyenne sur une dizaine de rappels je tire entre 14 et 16 coups pour le récupérer: c'est fiable !
Tafunata di Paliri et Punta di l'Anima Damnata au loin
Autre ambiance, on découvre Mescaline après un échauffement au site de la Vacca, là, c'est terminé la dallouse !
Vue imprenable sur le Castellucciu d'Ornucciu... Deux salles deux ambiances !
Nath en moul dans le 7a+ "de chauffe" que l'on prolonge par la sortie du 7b voisin. On gagne un joli pendule si on saute au dernier point en moul et un peu de hauteur, c'est superbe ! Bravo aux Top Guns qui ont équipé ce bijou de grotte !
Quel régal, des bacs, du dévers, que demande le peuple ? Bon, pour les bacs j'ai pas essayé le 8b hein, sûr que ça doit être plutôt des plats fuyants...
Du rocher pour grimper au moins 10 vies !
Repos de la guerrière et ombres chinoises à la descente
Lever de soleil grandiose entre la Punta di l'Arghjettu et la Punta di a Vacca
Ces tafoni, que dire de plus ?
Brouillard, pluie, vent... on fait ce qu'on peut, mais ça sent déjà un peu le but...
Dans la face Nord de l'Arghjettu, où passer pour rester en baskets et dans du facile ?
Petite longueur sympa
Le pas de 3c avec vieux piton.. Bon disons plutôt 5+ old school. Pour la voie normale de la Tour 2, ne pas se fier au (beau) topo de JPQ et Fenouil qui parle d'un accès "accessible au randonneur": il faut du sens de l'itinéraire, une corde, et de quoi se protéger. Et un leader capable de tout désescalader.
Sortie de la superbe "cheminée spéléo"
Summit, plein vent...
Vue imprenable sur le Spechju
Enfin un tracé de la voie normale de l'Arghjettu. Prendre 2 friends (0.3 et 1 ou 2), 3 sangles buste double, et 25m de corde si le leader est capable de tout désescalader (un pas de 5/5+ délicat et une longueur de 3+ d'une vingtaine de mètres). Sinon, de quoi équiper des becquets avec de la cordelette à laisser
Nathalie termine la journée à Campanella avec la mythique "Ultima strinta"... Epilogue d'un magnifique séjour ! Alla prossima !