Planète Marseille...

C'est parti pour la "tournée d'adieu" à 2017, ça tombe (presque) bien, l'été indien prend un sacré coup dans la gueule ce lundi avec des températures hivernales, du vent, de la pluie tombant par rafales d'un ciel grisâtre, des feuilles jaunies qui recouvrent le macadam humide et luisant... La luminosité, quant à elle, n'a pas grand chose à envier à celle d'une nuit "noire comme dans le cul d'un taureau par une nuit sans lune" (les fans du "Big Lebowski" apprécieront le clin d'oeil...)

Bref, avant ma première injection PRP dans le coude gauche (qui vient d'avoir lieu ce matin, moment pas très agréable mais plein d'espoir si je retrouve prochainement une articulation sans douleur, ça fera deux ans !), je m'offre une petite resucée des Calanques avec un dernier trip. Ce sera avec l'infatigable Nath, qui en profite pour faire le plein de grimpe et d'iode avant d'affronter la fin de l'année qui s'annonce maussade à son boulot parisien. 

Chance, l'indéfectible ami Pompon et sa pétillante moitié Chantal sont dans le coin ! C'est donc en leur enviable compagnie que nous passerons quelques jours au pays des grandes gueules, du pastis, et du calcaire blanc. Le "bonus track" ? La présence de l'ami Marco, qui a délaissé sa famille nombreuse restée à Sainte Lucie de Porto Vecchio pour s'offrir quelques vacances chez le glamour couple Ciotadien. Génial de passer quelques - trop courts - moments avec lui aussi ! Ciao Marco !

L'image du stage: la fabuleuse dernière longueur de "la Panthère Rose", un des plus beaux 5+/6a des Calanques: 40m d'escalade variée, raide, et, chose rare dans ce coin, plein gaz !
Le Cancéou, et au loin, le bec de Sormiou: on est de retour ! 
Nath dans le rappel d'accès au discret Aven du Cancéou
Dans la vie, il y a des cactuuuuus !...
Abyss ? Non, l'Aven du Cancéou !
Sans doute un des plus beaux R0 du monde...
C'est parti pour une belle grimpe verticale facile sur des rondeurs
Contraste de couleurs absolument saisissant ! 
Le nom de la voie aussi est d'une poésie franche et corsée...
Nathalie finit par s'extraire du trou noir
Le soleil décline tôt en cette saison, embras(s)ant les rochers qui passent par toute la palette rougissante... un spectacle magique qui mérite qu'on s'y attarde !
#happyclienthappyguide comme dirait Benji Ribeyre :) 
L'enfilade magique: Morgiou, Sugiton, le Torpilleur, les Pierres Tombées, le Socle, la Candelle, la Commune, la Concave, l'Eissadon, Castelvieil,  et au loin le Cap Canaille: de quoi s'occuper toute une vie !
J2: la corniche Paretti, pour accéder à pied au cirque du Devenson: une véritable petite course à elle seule, ambiance fantastique et sauvage au possible !
Le Devenson, un lieu culte du massif ! Mais que l'accès pédestre aux voies est bien défendu par Dame Nature !
Au coeur de la voie du "Baou Rouge", classique du secteur, totalement majeure !
Le cirque du Devenson tient ses promesses
Le pied du cirque jusqu'à l'aiguille vus de puis le Baou Rouge. Vous avez dit "Wilderness" ?
Nath heureuse, mais fourbue ! Dénivellomètre à l'appui, une voie avec accès pédestre au Devenson c'est 980m D+, on ne dirait pas mais on comprend pourquoi les cuisses fument ;)
Vue unique à la sortie de la voie du "Baou Rouge" ! Au dessous, une cordée au sommet de la Tour Save, que nous avons quittée peu auparavant
Après l'effort le réconfort, petit resto Thaï dans la cité phocéenne avec Maître Pompon et sa douce Chantal !
J3: le premier rappel de "Bora Bora" tout au bout du Cap Morgiou met dans l'ambiance: gaaaaz !
Au menu: des traversées exigeantes non loin de l'eau, mais à l'ombre et donc assez austères
Nath s'applique, car en tête comme en second, les traversées nécessitent concentration et finesse pour ne pas penduler généreusement !
Nath en tête au relais ? Non, elle assure son leader qui vient de partir par quelques pas descendants: c'est le grand 8 de "Bora Bora" :)
Ca rigole encore, on va attaquer le second rappel à mi-voie qui, une fois la corde tirée, nous engage totalement pour la suite de l'itinéraire, plus soutenu.
Full gaz ! Attention, gestion intelligente du rappel recommandée pour éviter une séance de balançoire le cul dans l'eau dans l'espoir de rejoindre la terre ferme ;)
Ca penche !
En place pour la suite
Entrée maritime = rocher gluant et prises d'une glauquitude de 12 sur une échelle de 1 à 10 ! Absolument abo ! Cela faisait 20 ans que votre serviteur n'avait pas sorti une pédale de pied pour se défaire d'un 6a+, voilà qui est fait: même les dégaines (certes fines), graissées par les embruns,  se sont avérées intenables par la sangle, il a fallu verrouiller les doigts dans les mousquetons: un truc de ouf !
Nath, épuisée, sort de la section de 6b+/6c artifée avec brio compte tenu des conditions d'adhérence...
Heureuse quand même ! C'est le sommet !
Cassage de bide le soir à la "Stazione", ma cantine à Cassis. Au menu sous vos yeux, la "Pasta del Mare", coquillages, gambas, et lotte... Une poêllée chaudement recommandable !
Petit marché italien à Cassis, bien agréable en apéro
J4: repos relatif: de la couenne à "Mini Oasis", sur la crête de Morgiou. De quoi forcer un peu sur les biceps avant de se faire piquer les tendons. Des voies courtes mais très exigeantes et pas sous-cotées...
J5: Nathalie doit remonter à Paris en voiture le jour même... On se lève donc de bonne heure, sous la pluie et le brouillard. Persuadés de prendre un but, on traîne quand même l'auto jusqu'à Sormiou histoire de brancher un peu les essuie-glaces. Une fois sur place, surprise: il fait frais mais sec et ça sèche vite... On file à l'Archipel pour avaler "la Panthère Rose" en mode commando. Le fort mistral dégage la vue et nous avons la Calanque, habituellement surpeuplée, pour nous en mode privé ! Ultime régalade sur un rocher parfait avant que Miss Nath ne pose ses fesses dans l'auto pendant un paquet d'heures...
Du caillou sculpté et neuf, ça fait pas envie ?
L'automne est là, mais que c'est beau !
A bientôt pour de nouvelles journées à la verticale, avec un coude tout neuf j'espère ! Merci à François "Pompon" Poncet et à la féline Chantal pour leur amitié toujours aussi précieuse !

Paisible automne, entre découvertes et routine vraiment pas ennuyeuse !

Bon an mal an, je me suis finalement fait à l'idée d'une saison d'automne blanche en escalade, afin de (tenter de) soigner cette mauvaise épitrochléïte une bonne fois pour toutes. Je passe donc du temps en famille, m'émerveillant devant les progrès de ma fille et profitant des nuits calmes avant l'arrivée de son petit frère avant la fin de l'année !

A l'occasion, pour (me) faire plaisir malgré tout, je grimpe cool pour des clients et/ou amis qui me sont chers, sans oublier ma famille qui souhaite parfois partager des moments de verticalité en ma compagnie !

Nath à pied d'oeuvre sur le meilleur caillou chartrousin ! Les secrètes mais fameuses "griffes de l'Ours", un spot atypique et de caractère !
Lever de soleil comme toujours majestueux sur les contreforts Est du Vercors: le GUCEM me propose deux journées consécutives aux arêtes du Gerbier, un classique connu par coeur mais à chaque fois splendide !
Ces arêtes demeurent toujours grandioses, voilà bien quelque chose d'immuable
Encordement court, anneaux, assurage en mouvement, les bases de l'alpinisme "classique" décortiquées pour cette ouverture de la saison 17-18 Alpi du GUCEM. C'est top avec un public réceptif comme celui-là !
On se réchauffe la courge au soleil du matin, ça fait du bien !
... pendant que les Maîtres des Lieux nous font le cadeau de se montrer
Les arêtes du Gerbier ou "Pimpin Land" le dimanche: les gugusses avec des guirlandes au baudrier qui pendent et risque de faire trébucher leur malheureux propriétaires, des cordes de 2x60m qui traînent par terre, molles, sur les arêtes, aucun point ni becquet ni rien entre les deux protagonistes... ce genre de vision n'est pas rare. Bref. Et au rappel, on fait descendre tout le groupe et on love les cordes pendant que les "frères Huber du dimanche" sus-nommés (ils ne sont que 2 hein) n'ont pas encore fini de descendre ces 20 misérables mètres depuis le relais voisin... Vaut mieux pas être derrière ce type d'individu, sinon c'est le salaire de la peur ! On ne le dira jamais assez, formez-vous les gars !
Wesh ! Un faux jeune s'est glissé dans cette photo, sauras-tu le retrouver ? 
Le sangle des Belles Ombres, un coin superbe et sauvage de Chartreuse, direction la "Planche à laver" avec Nath
Lorsqu'on fait l'approche par le sangle et non pas "sangle inférieur" (merci les topos imprécis/erronnés), on se cogne une désescalade bien délicate et expo en graviers/herbe qui a nécessité la pose d'une corde pour une Nath pourtant pas malhabile !
Main courante descendante/installation de relais aux Griffes de l'Ours
Ambiance automnale superbe, mais fraîche !
Une escalade unique et douloureuse pour les petons !
Nath en action à Lans, le mythe vertaco des années 90 !
La petite nièce au mur des jambons, comme les vieilles gloires Grenobloises de la grande époque !
Première séance d'escalade pour la petite Lucie avec son baudrier bricolé "maison", impeccable !
Mini-tyro à la Pierre Chambertin, un papa très fier !
"Cousinade" d'une semaine, ne manque que la petite Daphné. Au menu: rando, escalade, plein air !
En face, Belledonne à l'automne...
Charmant Som, deuxième sommet pour Lucie ("très dur" dira-t-elle), accompagnée de sa tante, de ses cousines, et bien sûr de son vieux paternel !
Couleurs superbes dans ce haut lieu de quiétude au couchant
Puits de lumière le lendemain matin au même endroit. Ce sera le seul: le soleil va disparaître, maintenant c'est 5°C avec du vent. Brrrr !
Sixtine, 10 ans, au relais
Le bonnet à pompon ne passe pas sous le casque ? Pas de souci, on échange avec celui de Tonton Rom qui du coup se tape un look de collégien !
Les fameuses dalles du Charmant Som, du beau caillou accessible ! Souvenir de ski également, avec Matt Bordin dans cette grande pente en 2005
Sixtine court avec ses chaussons d'escalade, comme les grands !
Sommet ! Pas la même température ni la même visibilité que la veille au soir, mais la satisfaction et la fierté de cette première grande voie torchée avec style et efficacité ! Bravo à la grande !

Pilier Martin et traversée des arêtes du Gerbier: un bijou automnal

Pour clôturer les 15j d'escalade majoritairement Corse avec Nathalie, nous nous offrons une autre petite "course d'application" où Nath gère une partie de la journée. Objectif: pilier Martin sur la face W du Gerbier, une petite course que je n'ai jamais eu l'occasion de cocher. Nous poursuivrons par la fin de la traversée des arêtes, que l'intéressée connaît également pour y avoir subi un orage mémorable en compagnie de votre serviteur (on s'était fait tremper jusqu'à l'os une fois en bas du petit rappel et jusqu'à la voiture).

Au final, une belle petite journée totalement seuls dans cette contrée sauvage, illuminés par les couleurs folles des arbres en cette superbe arrière saison. Chouette petit itinéraire sans difficulté technique majeure mais au final assez complet (orientation, escalade, encordement court sur les arêtes, rappel, etc...). A découvrir ou redécouvrir !

Pas de difficulté, ça fait tranquille en baskets, mais l'ambiance, le paysage, et le caillou sont de grande qualité
Sommet de la combe Charbonnière, la vue se dégage sur la barrière découpée... Ah le Vercors !
L0/L1 j'hésite encore, mais on s'encorde déjà
Le L fonctionne en mode "dégradé" avec son épaule et son coude abîmés... Qu'il est loin l'automne 2016 où les 7c ne résistaient pas face à "Arkator" :) ...
Sommet du pilier, on va rejoindre les arêtes
Parcours archi-connu, mais toujours aussi plaisant, entre ciel et terre
Nath au sommet, avec de la vue cette fois !
Le Vercors sauvage...
En redescendant vers les Clots, le pilier Martin a fière allure vu d'ici
Le versant W du Gerbier, le pilier Martin borde le gros bloc individualisé le plus à gauche
Magie automnale !
Ca pète ! Ca en fait presque mal aux yeux ;)