Raid à ski sauvage en Vanoise

Cela fait déjà plus de 20 ans que je traîne mes spatules aux 3 Vallées, gamin, puis jeune adulte, enfin en tant que guide. J'aime ce quartier, et je n'avais jamais eu l'occasion de parcourir à peaux et sur la durée le beau massif de la Vanoise. L'envie d'immersion, de voyage, de solitude n'étant pas incompatible avec quelques jours d'héliski (rires enregistrés), je propose à ma cliente Nathalie, qui souhaite effectuer son premier raid, qu'il se déroule dans ce magnifique coin. 

"Plus on est de fous moins ya de riz", disait malicieusement Coluche. Cédric, qui vient d'entamer le long cursus pour devenir guide avec la formation Suisse, m'avait sollicité pour l'embarquer si un projet se présentait. Nathalie n'y voyant aucun inconvénient, c'est donc flanqués de notre aspirant-aspirant guide que nous allons parcourir la montagne pendant trois belles journées. Merci à la liste de diffusion du SNGM et aussi à Francis, local de l'étape, de m'avoir aidé à mûrir le projet et à choisir un itinéraire qui s'est avéré grandiose ! C'est donc parti pour (re)vivre trois belles et (assez) longues journées: environ 1150m de dénivelée par jour.

Remontée vers le col supérieur de Chavière après les lacs Café au Lait qui marquent le premier jalon d'un parcours initié au col de Thorens. Au loin, les Ecrins !
Première pause. Notez le sac enclumesque de notre Suisse d'adoption qui est en configuration "stage aspi" ! Cédric s'affûte en mode sherpa !
Vers le col supérieur de Chavière
Poudre légère en se dirigeant vers la brèche de la Croix de la Rue !
Depuis les pentes sous la brèche, coup d'oeil dans le rétro sur le col supérieur de Chavière et le chemin parcouru
Hop, skis sur le sac !
Cédric trace le couloir, entraînement physique oblige !
Arrivée à la brèche de la Croix de la Rue
Du bon ski pour finir la journée en basculant enfin vers le refuge de la Parrachée
La première journée touche à sa fin, le guide est heureux !
Dernière descente nécessitant encore un peu de vigilance
Et un ultime effort pour remonter sur l'éperon du refuge de la Dent Parrachée !
Repos bien mérité, on peut souffler !
Apéro sur la terrasse à la Dent Parrachée, accueil top !


Super dîner, soirée, et nuit, et départ en direction du col de Labby
Alors que Roche Chevrière dore déjà ses pentes sommitales au soleil, on devine le col de Labby au niveau d'une bande neigeuse diagonale sur la droite
Cédric en action
Le vent a bien décapé les pentes...
Arrivée au col de Labby
Ca chauffe pour remonter au Rosoire: notre bon Céd' rosit au soleil !
Arrivée au passage du Rosoire après une courte remontée d'un couloir étroit
On démarre la descente par 150m de neige glacée, du grip quand même mais il ne faut pas s'emballer
Le magnifique glacier du Génépy s'offre à nous !
Les mots sont superflus, non ?
Cédric se régale dans une neige de qualité divine !
Arrivée en fond de vallée vers le refuge du Roc de la Pêche. Au dernier plan, le glacier de Gébroulaz, mais ce sera pour la fin de la semaine...
L'itinéraire dans son ensemble, du passage du Rosoire que l'on devine presque en passant par le glacier du Génépy puis le ski de combat dans les arcosses et le petit chemin rejoignant la route !
La civilisation se rapproche !
Après l'effort le réconfort ! Pause déjeuner à Pralognan la Vanoise
Grand luxe aux Barmettes ! A recommander chaudement !
Départ des Barmettes sous un ciel bâché: pas de "perfect" en termes météo !
Montée vers le col de la Grande Casse, tout au fond. A droite, la superbe aiguille de la Vanoise
Couleurs flashy sur brûme matinale au col de la Grande Casse
La petite face Nord et les Italiens. 15 ans déjà, skis aux pieds avec le BLMS !
Les grandioses glaciers de l'Epena et du Rosolin
Contrairement aux apparences, le glacier de l'Epena ne fait pas rire !
Ambiance irréelle
Descente en transfo "Mondial Moquette" sur la moraine de l'Epena. Au fond, la vallée (surchauffée) de Champagny
Des avalanches monstrueuses ont ravagé les versants chauds en redescendant depuis le refuge de la Glière
A défaut de KFC, ce sera Kebab à Bagdad ! Euh pardon, Moutiers !

Héliski à Courmayeur: autopsie d'une découverte

L'héliski. Activité très particulière qui ne laisse personne indifférent. A en écouter les sempiternels débats sur l'éthique, les richissimes pollueurs/profiteurs/écolophobes sont voués aux gémonies par les toujours plus sectaires bobos/bouffeurs de tofu/défenseurs des animaux adeptes de toute forme de mobilité douce aussi inadaptée soit-elle parfois à la vie moderne. 

Bref, l'occasion faisant le larron, je profite d'une offre de mon ex-formateur Ralf Tenbrink (du proba en passant par l'aspi et jusqu'au final du stage de guide), pour qui j'ai énormément d'estime, pour m'adonner à cette façon très spéciale d'emmener des clients en montagne. Histoire de partager un moment avec lui et de diversifier mes activités, déjà riches, cet hiver.

Je ne rentre pas dans le débat déjà lu/vu/entendu mille fois sur l'éthique de l'utilisation d'un oiseau de fer pour chasser les pentes vierges. Ou alors vite fait.

Mon point de vue est que l'impact de cette activité sur la planète est infime comparé au développement des stations traditionnelles, ou même simplement d'un site comme Facebook dont l'implantation des immenses serveurs nécessite des champs à perte de vue et dont le refroidissement impose la mise en place de techniques se rapprochant de celles employées dans centrales nucléaires. J'exagère à peine. Que quelques passionnés fortunés s'offrent très épisodiquement du rêve après des semaines de 70h de boulot serait-il donc plus méprisable que lorsque des centaines de millions de gamins se connectent sur des sites tentaculaires pour liker et partager des conneries, au mépris de la moindre activité physique comme en témoigne leur morphologie toujours plus grassouillette ? Pas sûr. End of story donc. 

Pour en revenir au travail, le guidage en héliski nécessite d'excellents skieurs, et une grande capacité d'adaptation. Contrairement à la montagne "classique", y compris dans les domaines de haute altitude comme Cham avec la supersonique aiguille du Midi, on passe d'une terrasse de café à un glacier immense et strié de crevasses à 3500 en une poignée de minutes. Le changement d'univers est brutal et la concentration totale. Pour ce qui est de la remontée de l'itinéraire vu depuis la machine, le spectacle est grandiose et participe au plaisir, il faut bien l'avouer !

Merci à www.guidemonterosa.com pour leur confiance !

Après une journée délicate en hors-piste à Courmayeur pour cause de vent tempétueux, on attaque les choses sérieuses: le grand Ralf s'apprête à embarquer avec ses clients, nous sommes les suivants
L'aiguille de Tré la Tête et le Mont Blanc vus depuis l'immense glacier de Lex Blanches. Un superbe et long run en conditions très correctes
Des glaciers qui ne font pas rire !
Le soleil donne, il fait presque trop chaud
La navigation n'est pas un vain mot sur ces mastodontes de glace, beau temps indispensable
Sur le glacier du Petit Mont Blanc, sous l'aiguille de l'Aigle, des formes chaotiques et magiques
Entrée bien raide de la rampe d'accès à la face Nord du Mont Fortin, le "home run"
Panorama de fou sur le Val Veny et au loin, le Grand Combin
Petit bout de pente raide pour finir la journée sur le Fortin
Mes très solides golgoths Danois, bien campés sur leurs fats de 2m10 !
Belle journée de grand ski mais ça reste du travail avec du stress
Ready to fly !
Col des Pyramides calcaires, de la poudre à revendre !
Ga-va-de !
Sur le glacier de l'Estelette, un peu plus chaud mais la neige demeure très honorable
Les beaux petits couloirs de l'Aiguille de l'Estelette, un peu trop chauffés pour aujourd'hui
Et ça continue de plus belle !
Maialino al brace ! Spécialité succulente du resto Petit Mont Blanc à Zerotta !
Merci à mon super trio de dentistes Danois: Sven, son frère Stig, et leur pote Jens, d'excellents skieurs (Jens est moniteur de ski) et de sacrés bons vivants !

"Man vs. Wild" aux 3 Vallées

La neige continue de tomber ce matin et les éclaircies annoncées par MF pour cette journée ne viendront jamais. Rapide coup de fil: mes clients Bataves semblent avoir envie de rester au lit en ce jour très hivernal, au plafond bas, et aux flocons qui tombent en biais sans discontinuer...

Je les laisse à leur appel du lit et remet cette journée au lendemain (comme quoi le proverbe dit vraiment n'importe quoi). L'impayable Pompon, collègue guide localisé sur Courchevel en ce moment, n'est pas dispo pour se gaver de poudre entre potes, il s'est trouvé un taf de "déneigement" ! C'est donc désappointé mais bien déterminé à ne pas gâcher cette opportunité que je quitte le nid en milieu de matinée. 

Le brouillard est dense, le vent froid, la neige fraîche se transporte, la couche au sol est déjà conséquente, je suis seul... tous les voyants sont donc loin d'être au vert ! Je me propose de parcourir de beaux hors-pistes de la vallée de Méribel qui ne dépassent que rarement la barre des 2000m d'altitude, en cherchant à rester dans des pentes faibles. 

Le magique itinéraire Altiport > Brides les Bains n'est que rarement en conditions, c'est l'occasion ou jamais de descendre toute la vallée sur les lattes, pour finir à moins de 600m dans la station thermale. Certaines sections forestières manquent un poil d'or blanc mais dans l'ensemble ça passe pas trop mal. 

Par la suite je bascule rive gauche pour jouer sur la montagne de Cherferie, en m'offrant une variante de la Stetta, la classique étant à mon goût trop raide au départ vu les conditions, puis la Combe Fenêtre, encore plus isolée vers le Nord. Les bulles permettent de rentrer aisément depuis les Allues, ce qui est l'assurance de skier loin de la foule, et bas en altitude. Ca tombe bien, c'était le cahier des charges du jour ! 

La photo d'ambiance: ultime gavage dans les variantes de la Stetta ! Zérotrace.com !
Depuis l'altiport, c'est parti avec de la pente douce et recouverte d'un épais manteau blanc sur le Golf de Méribel...
Dans les clairières forestières, la neige ne manque pas...
Traversée de la route de la Tania au niveau du Plantin, et on replonge dans les bois
Traversée de "Hauteville" la bien nommée...
Mauvaise visi + vent violent + grosse poudre = l'itinéraire est judicieusement choisi !
Les Chavonnes apparaîssent. Dans la vallée, le temps est moins hostile
On a beau être à la montagne, la té-ci n'est pas loin hein ;)


La riante bourgade de Brides les Bains... Terminus, tout le monde dans les bulles, et en moins d'une demi-heure retour à la Chaudanne
Par ce temps et cette visi inexistante, on a pris les skis de montagne, le GPS, et les peaux dans le sac ! (Et puis on ne voulait pas ruiner les mégafat dans la forêt de Brides, aussi, surtout ?)
Vers le creux de la Stetta, c'est un poil raide vu les conditions (et je suis seul), je le sens moyen: on ira gratter une variante un peu plus au Nord et plus safe...
Ambiance paumatoire... un malheureux surfeur anglais en aurait, à en croire les journaux, récemment fait l'expérience, perdu dans le quartier, retrouvé trop tard...
Retour sur "les villages", la piste qui ramène aux Allues. Peu de miel en cette saison...
Paysage irréel sur la toundra au delà du Roc de Fer, vent, brouillard, solitude...
Sur l'arête, seul au monde... ambiance et températures polaires, merci le zef !
Retour Saulire dans un brouillard infâme, visibilité spatules stricto senso ! On suit bien sagement les piquets et heureusement qu'on connaît la station ! Content d'être rentré !