Grands hors-pistes au pays du Mont Blanc

Au coeur de l'hiver, le passage par Chamonix est un rituel obligatoire. Ce temple du ski haut de gamme, au sein du massif le plus célèbre d'Europe, offre souvent des journées inoubliables. Celles de ce week-end n'échappent pas à la règle, avec de petites réalisations sympathiques avec clients dont les progrès en ski toute neige sont palpables: une vallée Blanche variante Gros Rognon pour s'échauffer. Du classique ? Oui, mais avec l'immense privilège d'être absolument et littéralement seuls sur tout l'itinéraire ! Rare et précieux.

On poursuit par un Pas de Chèvre via le couloir central, en compagnie de l'excellent Fanfoué Antichan et de ses clients. Une brave soirée potache parachève cette grosse journée, au resto avec en outre les deux François (le Fanfoué sus-cité bien sûr, mais aussi l'incontournable Pompon, que l'on ne présente plus) !

Rebelotte le lendemain avec une journée sur le Tour et Vallorcine, moins haut en altitude, afin d'échapper au très fort vent de Nord Est. Rencontré au hasard sur le parking, mon ami et collègue Juju "Casa", légende locale des pentes et des bars, nous convie à partager quelques courbes plus raides avec ses propres clients. Une petite collective en guise d'intermède, avant d'aller jouer chacun dans son coin, au rythme de nos clients respectifs ! Seul ce maudit vent et ses rafales défrisantes mettront un terme un poil prématuré à la session du dimanche...

A l'attaque du couloir central du Pas de Chèvre, sur fond de Mont Blanc fumant et de vallée de Chamonix sous la crasse !
Mon illustre collègue et ami Fanfoué entouré de quelques excellents skieurs..
Les magnifiques Drus nous dominent 
20m de rappel pour accéder à la moraine. 300m plus bas, la mer de Glace
La sortie du Pas de Chèvre, en conditions pénibles... pour les skis, "finition pierre" assurée...
Sur la passerelle de l'Aiguille, l'ambiance glaciale nous cueille d'emblée
L'ombre du Gros Rognon, dont nous allons négocier au plus près le flanc Est. Le fort vent a sculpté la neige et balayé toutes les traces. Nous sommes seuls et le resterons toute la descente. Privilège rarissime !
Majestueux Tacul !
Dans l'ombre des séracs du Géant, le gros Rognon éclairé par l'astre du jour
Au coeur des séracs du Géant, une glace bleue façon cristaux de méthamphétamine made in Heisenberg, pour les fans de "Breaking Bad" !
Passage pète c... euh casse-bonbons à la salle à manger...
Un poil de poudre, non soufflée ni cartonée, en terrain plat
L'ami "Casa", incontournable local de l'étape, flanqué de son inséparable Sergueï, à l'entrée des couloirs de l'Aiguillette des Posettes
Vent de folie, les Autanes, ce sera pour une autre fois !
Dans le couloir des Biets, ski de combat surplombant les hameaux de Vallorcine

Poudre puissance 4 par risque 4

Avec plus d'un mètre posé en 4 jours, l'épisode de fin janvier/début février en a mis un gros coup. L'hiver semble sauvé, et le manteau neigeux atteint enfin (en épaisseur, pas en stabilité...) un niveau satisfaisant !

Les conditions nivologiques sont cependant très piégeuses ces jours-ci, de nombreux pratiquants y compris des pros se sont fait coffrer. Le risque 4 est justifié, les zones critiques sont présentes dans toutes les orientations, la couche de neige fraîche est conséquente et le mille-feuilles sous-jascent pas enthousiasmant... Bref, pour simplifier, le but est skier du beau, pas raide, et pas exposé à des pentes chargées en amont. 

Une belle journée de boulot m'attend aux 3 Vallées. Sur la route, les leçons du Monte Carlo sont mises en application pour avaler les 140 bornes sous la neige à un rythme supersonique: dépassement des chasse-neige par la bande d'arrêt d'urgence (je sais, je sais), longues dérives entretenues à la Kubica (ok, pas à la même allure) dans la vallée des Belleville, etc... la glisse doit-elle être réservée aux pantins sur des lattes ? Je ne le pense pas, et contrairement au pilote Polonais, mes freins, sans doute moins sollicités que ceux de sa Fiesta WRC, ne m'ont pas trahi. Ouf !

Au final, malgré le grand froid (-13°C le matin), le brouillard, et la neige, la chance, comme souvent, sourit aux audacieux: le ciel se déchire en milieu de matinée, et contre toute attente, c'est le grand beau qui s'installe pour de bon.

La recette du jour ? Prenez 80 cm de poudre "made in Hokkaido", ajoutez 3 clients Norvégiens excellents skieurs, saupoudrez le tout de beaucoup de sécurité (et d'un peu de flair) dans le choix des lignes et vous obtenez une gavade 5 étoiles ! La preuve en images... Et merci à l'école United Instructors de Val Tho pour leur accueil, et à Francis, un des piliers de Val Tho !

Totalement pur et extrêmement jouissif !
On la met la doudoune sous le gore-tex ou bien ?
Un de mes "Vikings" du jour: du bon, du robuste, de l'excellent Finlandais dans la force de l'âge. Super mentalité et très bon télémarkeur: on en veut encore !
Le Télémark, c'est physique (pour celui qui pratique) et beau (pour celui qui regarde)
Et soudain... Val Thorens s'offre à nos yeux !
Mes trois clients déflorant un champ de poudre vierge, bonne dégustation !
"Air" Axel, un garçon en mode "on-off" qui n'est pas du genre à se poser trop de questions !
Neige de merde en faible quantité...
Après un sympathique mais court "after", je regagne la voiture garée 5km sous la station, à P4, d'un petit coup de ski. Après 18h, le froid pique un peu dans le "frigo" des 3 Vallées: -14°C !

Corsica d'inguernu

L'hiver, la neige, les BRA, le vent, Munter, le risque, la météo, la nivo, les clients... la tête est en ébullition cet hiver tout particulièrement, les conditions très délicates dues entre autres à un début de saison très pauvre en neige nous font faire des noeuds au cerveau.

Heureusement, "a patria" n'est jamais loin de mon coeur ni de mes pas. L'hiver est la plus belle saison en Corse, tout est d'un calme profond, source d'inspiration (et d'expiration), la nature est resplendissante, forte, silencieuse et omniprésente. On ne s'y ennuie jamais: quelques "affaires" en cours à régler, des cousins à visiter pour refaire le monde, des amis pour boire un verre, ou pour serrer des règles sableuses dans du dévers insensé, les journées sont trop courtes !

Voici quelques clichés d'un intermède méridional au coeur d'un hiver qui semble décider à intensifer les précipitations, et qui, du coup, me fait renoncer à trois belles journées de ski à Cham. Partie remise, en attendant, voici un avant goût du printemps...

Marc Gambotti, l'un des plus anciens BE insulaires, monte les paires avec une facilité déconcertante dans une dalle technique et fine perdue dans son jardin du Nebbiu... Ca penche vraiment ! Abdos en carton s'abstenir !
La Castagniccia comme on l'aime, sauvage et intemporelle...
Les pins s'embrasent au crépuscule, un soir d'hiver au col de Bavella. Juste des couleurs de fou et du vent. La nature nous parle. On est très loin des 300 voitures, des bouchons, des pinz' bedonnants en bob et sandales du mois d'août...
Seul dans un endroit magique. Ne passons pas à côté des choses simples, et soyons heureux
Sous Teghime, vue imprenable sur la Marana et la Castagniccia dont on devine les contreforts tout à droite. Le froid retombe d'un coup sur la Corse. On est tout de même en janvier.
Les aiguilles dans l'austérité de "l'inguernu", dorées par le soleil déclinant
U Petricaghju d'Alisgiani. Des photos prises de ma fenêtre j'en ai mille. Mais à chaque fois, je sacrifie à la tradition...

Powder alarm en Lauzière !

Le début des années 2000 est loin... Les années où le BLMS et la Nimp Crew rivalisaient d'insouciance et de témérité sur les pentes raides du Dauphiné, par tous les temps. Un match amical où charisme et testostérone dégoulinaient de nos spatules, un match à peine arbitré par quelques trublions comme Lionel "Dentiste" Tassan ou notre regretté Fab Roulier pour ne citer qu'eux. 

Aujourd'hui, le Jouy et le L chaussent les lattes quasi exclusivement contre espèces sonnantes et trébuchantes. Cependant, la passion demeure, parfois endormie par un automne aussi long que l'été indien qui l'a précédé... Il arrive parfois qu'elle se réveille en sursaut, surgissant en synchro avec une grosse chute de neige. Ce fut le cas ce week-end, avec 40 de poudre par chez nous. Nous sommes tous les deux dispos, et l'idée d'une petite sortie "en famille" réchauffe nos coeurs nostalgiques. 

Le Grand Arc (ou le Petit) est un objectif alléchant: un fond transfo sur lequel est tombé 40cm de poudre sans vent, une orientation chaude (S), les conditions sont plutôt favorables à un manteau stable. De plus, il a fait froid, pas de risque de skier du carton.

Résultat: une bonne séance de fractio (un bon rythme de montée compte tenu de notre matos et notre entraînement réduit à sa plus simple expression), et de la poudre jusqu'aux oreilles. Le tout en refaisant le monde comme il y a 10 ans. Comme si rien n'avait changé. Et quelque part, rien n'a changé !

Le Jouy ouvre les hostilités sur la croûpe sommitale: baaaase !
Paysage hivernal, enfin !
C'est gras de poudre, et il y a du monde, mais l'historique cordée Jouy-L remonte lentement mais sûrement sur les échappés partis plus tôt
Et soudain, les Bauges et la Chartreuse
Le Jouy et Lucas, aspirants gendarmes, ont cru reconnaître en votre serviteur un de leurs supérieurs moustachus. Le salut képi est de rigueur, sinon, ça va récurer les chiottes à la brosse à dents ! Rompez !
La famille, ya que ça de vrai: "Brothers in Arms" (et pas Brokeback Mountain hein)...
Belle ambiance de pré-gavade dans ce joli coin de Lauzière...
Le Jouy au sommet du Petit Arc, sur fond de Mont Blanc
Le Lansb à powder country ! 
Chacun sa trace (ici le L) au dessus du Lac Noir
Lucas, jeune et vaillant aspirant guide, et le L, vieux beau sur le retour, tout sourire !
Le Jouy sur son lit de Chantilly ! C'est qui qui va se gaver ?
C'est le Jouy !...
... et le L aussi !
Tioulévé, un hameau bourré de charme
Une sortie traditionnelle jusqu'au bout ! C'est gras, on aime ça ! Mesdames ne zappez pas ! La bouille anormalement arrondie de votre blondinet préféré n'est due qu'à la mauvaise lentille du L-photophone-toaster-écrase purée !

"Hivernale" à Presles - Iznogood

Euphémisme et fait absolu: la neige se fait vraiment désirer en ce tout début d'hiver. Les températures clémentes accompagnant le désespérant anticyclone de ces jours-ci incite davantage au serrage d'arquées torse nu qu'aux grandes courbes de pleine pente... Sur le rocher, l'heure est aux hivernales discount !

Retour vers le passé avec un compagnon de cordée sorti droit des années 2000, j'ai nommé Lionel Tassan. J'ai jadis effectué quelques belles sorties à ski et d'autres (plus rares) en grimpe avec le camarade "Dentiste". Aujourd'hui, alors que 2014 tire sa révérence, l'occasion fait le larron de se replonger avec nostalgie dans nos belles années de pré-trentenaires. Le torchage des derniers projets durs en couenne de ce millésime attendra donc l'an prochain. Pas grave.

Voici une sélection d'images issues de nos deux appareils pour immortaliser ce bon moment d'amitié et de balade verticale...

C'est parti pour un jeune quadra haut en couleurs (vestimentaires). Wesh, Monsieur l'Instituteur est dans la place !
Au pied de la voie, surprise c'est Noël avant l'heure ! Le toujours beau Neski, flanqué d'un jeune Padawan, s'en retourne au caillou ! Et pour faire plaisir à son interlocuteur, il arbore (à contre-coeur) une calvitie plus galopante que l'inflation. De quoi m'émouvoir aux larmes !
Le Lansb dans L2, une belle longueur technique 
La même vue du haut, négociée par le pendant Berninois de Gérard Klein
Premier crux avec L3, dommage que le rocher ne s'améliore guère...
Longueur technique et intéressante gestuellement mais aux prises à géométrie variable
Toute l'ambiance de Presles dans un cliché... 
Début du beau 6c+ au dessus de la vire. Longueur soutenue en cheminée puis fissure fine
L'oeil averti du Lio met (joliment) dans la boîte le L progressant sur ce kairn. Thanks man !
Lio dans le long 6c de l'avant-dernière longueur. L'impression laissée par la belle fissure du haut est un peu gâchée par la médiocrité du caillou dans le bas...
Hissage: ça déverse un peu quand même

Votre serviteur en termine avec cette même longueur, fissure technique et à doigts
Summit !
Ultra classique selfie en duo. A la vue de ce cliché, lequel de ces deux vieux-beaux est, à votre avis, le plus habitué à la Une des magazines ? :)
Lio se convertit avec une facilité déconcertante à la tradition Jouy-Tardieuso-Lansbienne: une bonne grasserie d'après-effort !